› Une structure de lobbying
Deux exemples illustrent parfaitement le rôle que la Fédération peut jouer dans ce domaine : le débat sur la décentralisation et le poids des régions dans la stratégie de promotion de la France.
La poursuite inévitable de la décentralisation, dans le secteur du Tourisme qui plus que tout autre est déjà décentralisé et déconcentré, et qui modifie les compétences des collectivités locales est au cœur de nos réflexions depuis plusieurs années et va décider, pour partie tout au moins, de l’avenir de nos structures et surtout de leurs missions.
Comme vient de le rappeler, dans le cadre d’une délibération de son Conseil d’Administration, l’Association des Régions de France, qui sont les chefs de file de l’économie régionale, « le tourisme est la première économie du pays comme d’ailleurs le premier secteur à l’exportation. Dans ce domaine comme dans d’autres, l’Etat se désengage depuis plusieurs années. Ce désengagement s’accélère depuis quelques mois, dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP). À la mise en cause de la politique contractuelle menée depuis plusieurs décennies avec les Régions à travers les CPER, s’ajoute désormais l’incertitude sur le devenir de l’administration nationale du tourisme. »
La première économie du pays a besoin de la reconnaissance et du soutien de l’Etat pour accompagner la structuration et l’adaptation de l’offre comme pour promouvoir un pays mais aussi une France des régions, alors que la concurrence mondiale commence à rogner des parts de marché acquises depuis des décennies.
La France, première destination touristique au monde, doit prendre conscience de l’évolution qu’entraîne la mondialisation du tourisme si elle ne met pas en avant ses atouts et qu’elle n’accroît pas la qualité de son offre. »
Ce désengagement annoncé de l’Etat rend d’autant plus utile et nécessaire d’anticiper ses conséquences dans le développement et la dynamisation de ce secteur, en contribuant à la réflexion des collectivités régionales en matière de tourisme, notamment à travers les schémas de développement touristique.
Sur un tel sujet, la Fédération se veut être une force de proposition active auprès de l’ARF mais aussi des ministères concernés et des autres collectivités. Pour ce faire, elle organise le débat, stimule les contributions, suit le travail législatif et réglementaire qui pourrait s’engager en la matière, organise les contacts éventuellement nécessaires avec les élus en charge du travail sur ces textes, coordonne des actions avec les régions et fait connaître ses positions pour influer – dans la mesure du possible – sur le contenu du débat. Ce travail, animé par l’équipe de la Fédération, est nourrit par les Directeurs et porté par les élus qui dirigent la Fédération.
Autre exemple, l’influence que peut avoir la FNCRT sur la stratégie de promotion de la France. La promotion de la France reste intimement liée à celle des régions, qui contribuent d’ailleurs fortement à l’action que Maison de la France développe (près de 60 millions d’euros en promotion et communication). Le rôle des Comités régionaux du Tourisme n’est plus à démontrer et leur action fédératrice sur le terrain doit constituer un levier puissant pour l’État et l’effort qu’il engage chaque année pour porter les intérêts du pays en France et dans le monde.
La Fédération doit donc être en mesure de définir ensemble des priorités. Ce travail préalable (définitions d’axes forts, de marchés prioritaires ou à défricher, mise en avant de certaines spécificités, organisation d’un timing des opérations, démarches novatrices, …) doit être animé par la FNCRT et peut, par la suite, permettre aux Comités Régionaux du Tourisme de peser dans la préparation du plan marketing de Maison de la France.
Il s’agit de devenir un véritable interlocuteur d’Atout France. L’Etat, beaucoup le revendiquent, doit renforcer sensiblement les moyens qu’il confie à Atout France ; sur ce sujet; il doit trouver en la FNCRT un allié. Mais en même temps, la contribution régionale doit être reconnue à la mesure du rôle éminent des Régions dans le développement touristique de leurs territoires et donc dans leur vocation à fédérer l’ensemble des acteurs à travers les CRT.
Cette notion de chef de file doit être prise en compte dans la façon dont l’action de promotion est abordée dans le Plan Marketing comme dans les objectifs et moyens confiés aux Bureaux de Maison de la France.